Les gens on dit que on va écouter notre coeur et après on sort tout un tas de théories sur ce que on devrait faire ou changer. Sauf que notre coeur il dit boum. Boum boum vite ou boum boum lent. Il dit pas des théories. Donc on dirait plutôt que on continue d’écouter notre mental mais en l’appelant notre coeur parce que ça sonne mieux. Peut-être que on pourrait l’écouter pour de vrai à la place.

Les gens des fois on se réveille un bon matin et puis on choisit que on veut être libre et puis on s’empresse de s’enchaîner très serré à notre envie de liberté. C’est bizarre.

Je pense pas que j’ai, vraiment, besoin de choisir si je me fais passer avant ou après les autres. Parce que il y a pas un cadre de porte devant moi, il y a l’univers au complet. Je pense que il est assez grand pour que on passe tout le monde en même temps.

Peut-être que on peut faire comme le chêne va faire à l’automne, et laisser s’en aller nos vieilles feuilles, parce que, comme pour le chêne, de toute façon, elles s’en vont.

Quand on dit que on veut être plus nous-mêmes au fond en vrai ce que on veut dire c’est que on veut juste garder les parties de nous qui nous arrangent et pas garder les parties de nous qui nous arrangent pas, hein? Parce que je sais pas où exactement on pense que les parties que on appelle moins nous-mêmes elles se trouvent mais je pense pas que elles sont par terre là-bas.

Quand on est petit
on joue à faire semblant.
Puis on oublie
que on est petit.
Puis on oublie
que on joue.
Puis on oublie
que on fait semblant.

Rien ne pourra jamais être assez tant que quelque chose ne sera pas suffisant.

À force de laisser personne s’approcher, proche, b’en personne va s’approcher, proche.

Et si la chenille elle a pas envie, elle, de devenir un papillon, elle fait quoi? Et bien elle devient un papillon. C’est comme ça, c’est pas elle qui choisit.

Peut-être que c’est pas vraiment que on donne trop, mais que c’est que si on est honnête, on l’a toujours fait en pensant que on était dû quelque chose en retour. Et comme on a pas notre dû on boude. Mais ce n’est pas ça, donner. Et que peut-être que si on donnait vraiment, ça ne nous ferait pas ça.

À quoi ressembleraient nos vies si on faisait de l’amour notre qui, notre quand, notre quoi, notre pourquoi, notre comment, notre où?

Je pense que on ne comprend pas vraiment l’ampleur et la grâce que c’est de pouvoir, dès maintenant et à volonté, respirer comme on le fera, demain, quand on aura tout ce que notre coeur désire.

C’est pas si compliqué je pense. On a juste à faire comme tous les tournesols ils font sans se poser la question et tendre doucement vers ce qui nous fait chaud et bien.

Peut-être, ne pas s’accrocher au négatif. Peut-être, ne pas s’accrocher au positif non plus. Peut-être, ne pas s’accrocher du tout dans le fond. C’est épuisant pis c’est pas très bon pour nos épaules.

Il me semble que on passe beaucoup de temps à essayer d’être ce que on est de toute façon. Comme un canard qui essaierait vraiment très fort d’être vraiment un canard.

Je pense pas que les fleurs elles peuvent être une bonne ou une pas bonne fleur et je pense que nous aussi, comme elles, on ne peut pas. Ce serait bizarre.

Ce qui est compliqué avec essayer d’accepter ce qui est, c’est que ça sonne très spirituel, mais que nécessairement ça inclut aussi l’envie de rejeter ce qui est, parce que elle aussi, elle est. Donc peut-être que au lieu d’essayer d’accepter sélectivement ce qui est, on devrait juste profiter de la belle brise d’été.

Trouvons des gens pour qui on veut tellement le bien pour le vrai que on devient les yeux chauds en leur souhaitant le bien en regardant le ciel le matin. Puis restons dans cette grâce-là. Baignons dans cette grâce-là. Vivons dans cette grâce-là.

J’amoure, tu amoures, elle amoure, nous amourons, vous amourez, ils amourent.

Peut-être que on pourrait arrêter d’entretenir et de nourrir les mauvaises herbes dans nos jardins vies.

Comme le ciel et le cosmos, je ne pense pas que qui je suis fait partie de la catégorie des choses qui peuvent être perdues ou retrouvées.

Je pense que quand on
abandonne, vraiment,
qui on est,
on devient
qui On est,
vraiment.

Les gens c’est souvent dans les moments où on a le plus besoin que des doigts enlacent les nôtres que on ferme nos mains en forme de poings très fermés.

On ne peut pas retenir entre nos mains fermées serrées une brise d’été parce que elle en meurt et peut-être que avec beaucoup de choses dans nos vies c’est comme ça aussi.

Quand les gens on dit que la nature trouve toujours un chemin quand on regarde une fleur traverser le béton on dirait des fois que on oublie que on est la nature aussi et que peut-être on a pas besoin nous non plus de démolir le dur dans nos vies à coup de marteau pour que ce qui a besoin de fleurir le fasse au travers. Que la beauté peut fleurir au travers le dur. Que elle le fait.

Des fois notre coeur il grossit comme d’un coup, comme si une émotion plus grosse que d’habitude fleurissait aussi comme d’un coup. Ça fait mal un peu et pis ça fait peur un peu, mais après notre coeur il est plus gros.

Des fois quand on a eu un matin laid et que avoir eu un matin laid rend notre après-midi laid aussi on a juste à faire semblant d’avoir eu un matin beau comme ça on va avoir un après-midi beau aussi.

Ce serait bizarre un peu de penser que l’univers il puisse faire une erreur, c’est l’univers quand même. Et bien l’univers il a fait nous comme on est. Donc voilà. Ça veut dire ce que ça veut dire.

Inspirer. Retenir. Expirer. Retenir. C’est se donner le petit luxe de tenir notre souffle entre nos mains, pour s’éviter le caprice de vouloir tenir toute la vie entre nos mains.

Faisons donc avec nos vies un collage avec des choses et des moments et des habitudes et des lieux et des gens et des sentiments, qui dedans font oui.